ཕྱག་རྒྱ་ཆེན་པོ་
(phyag rgya chen po)
1. Étymologie et équivalent sanskrit
Le terme tibétain ཕྱག་རྒྱ་ཆེན་པོ་ (phyag rgya chen po) est composé de ཕྱག་རྒྱ་ (phyag rgya, mudrā/sceau) et ཆེན་པོ་ (chen po, grand). Il constitue la traduction tibétaine du sanskrit mahāmudrā, littéralement « grand sceau » ou « grande empreinte », qui désigne le fait que « tous les phénomènes sont inévitablement marqués par la sagesse et la vacuité inséparables ». Selon Jamgön Kongtrül, ཕྱག་རྒྱ་ (chag gya, « sceau ») se réfère à l’union, tandis que ཆེན་པོ་ (chen po, « grand ») indique que cette union pénètre pleinement tous les phénomènes sans exception.
2. Traduction la plus fréquente
La traduction la plus courante en français est Mahāmudrā ou Grand Sceau.
3. Alternatives de traduction
Plusieurs traductions reflètent les nuances du terme : – Grand symbole – Grande empreinte – Grande union – Grand geste
4. Sens principal
Le Mahāmudrā (ཕྱག་རྒྱ་ཆེན་པོ་) désigne la réalisation ultime et représente « la grande empreinte » que la réalité ultime imprime sur tous les phénomènes sans exception. Selon la définition tibétaine, il représente le résultat ultime ou l’accomplissement suprême : la félicité suprême et immuable, la forme omnisciente obtenue au premier instant de l’éveil, demeurant éternellement sans augmentation ni diminution [TDC]. Il est « grand » (ཆེན་པོ་) par trois qualités : l’abandon vaste, la réalisation vaste et l’esprit vaste [TDC]. Le Mahāmudrā constitue la pratique la plus directe pour réaliser sa nature de bouddha et représente la vue fondamentale du Vajrayāna.
5. Sens contextuels et nuances sémantiques
a) Système de méditation Kagyu
Dans la tradition Kagyu, le Mahāmudrā constitue un système complet de méditation divisé en pratiques préliminaires et principales. Les pratiques ordinaires incluent le calme mental (*samatha*) et la vision pénétrante (*vipaśyanā*), tandis que les pratiques extraordinaires comprennent le « yoga d’une seule saveur » et la « non-méditation ». La pratique culmine avec l’expérience directe de l’esprit comme vide et lumineux, où l’on se repose dans cette nature sans effort de concentration. Différentes lignées Kagyu préservent des traditions distinctes comme le « Sentier Profond en Cinq Parties » (Drigung Kagyu), les « Six Saveurs Égales » ou les « Quatre Lettres ».
b) Les quatre mudrās du tantra de yoga supérieur
Dans les tantras de yoga supérieur (རྣལ་འབྱོར་རྒྱུད་), le Mahāmudrā désigne aussi le quatrième et suprême des quatre mudrās. Les quatre mudrās sont : ལས་ཀྱི་ཕྱག་རྒྱ་ (*karmamudrā*, le sceau d’action), ཆོས་ཀྱི་ཕྱག་རྒྱ་ (*dharmamudrā*, le sceau du dharma), ཡེ་ཤེས་ཀྱི་ཕྱག་རྒྱ་ (*jñānamudrā*, le sceau de sagesse primordiale), et ཕྱག་རྒྱ་ཆེན་པོ་ (*mahāmudrā*, le grand sceau). Le Mahāmudrā représente ici la réalisation de la sagesse primordiale semblable au miroir grâce à l’élimination des voiles adventices de la conscience fondamentale (*ālayavijñāna*) [TDC].
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