འཁོར་འདས་ (‘khor ‘das)
1. Étymologie et équivalent sanskrit
འཁོར་འདས (‘khor ‘das) est une contraction de འཁོར་བ (saṃsāra, le cycle des existences) et de མྱ་ངན་ལས་འདས་པ (nirvāṇa, l’au-delà de la souffrance), abrégé en འདས. Littéralement, « le cycle et au-delà », c’est-à-dire « saṃsāra et nirvāṇa ». Équivalent sanskrit : saṃsāra-nirvāṇa (composé des deux termes)
2. Traduction la plus fréquente
Saṃsāra et nirvāṇa
3. Alternatives de traduction
- Le cycle et son au-delà
- L’existence conditionnée et la libération
- La totalité du champ d’expérience
4. Sens principal
འཁོར་འདས est le binôme qui embrasse la totalité du champ d’expérience : d’un côté l’existence conditionnée avec ses souffrances et ses renaissances, de l’autre la libération définitive. Le composé fonctionne comme un raccourci pour dire « tout ce qui est » — l’ensemble de ce qui peut être vécu par un être, qu’il soit enchaîné ou libéré. L’intérêt philosophique du terme réside dans la question de la relation entre ses deux pôles. Pour certaines écoles, འཁོར་བ et མྱ་ངན་ལས་འདས་པ sont ontologiquement distincts ; pour le Madhyamaka, ils sont inséparables en nature — le saṃsāra n’a pas d’existence intrinsèque différente de celle du nirvāṇa. Dans les traditions Dzogchen et Mahāmudrā, འཁོར་འདས est fréquemment qualifié de དབྱེར་མེད (indifférencié) ou de གཞི་གཅིག (base unique) : la différence entre saṃsāra et nirvāṇa ne tient pas à une différence de nature, mais à la reconnaissance ou à la non-reconnaissance de la nature de l’esprit.
5. Sens des traductions alternatives et nuances sémantiques
Le cycle et son au-delà
Traduction plus proche du sens littéral du composé, qui garde la trace de sa construction en deux membres plutôt que de calquer directement les termes sanskrits.
L’existence conditionnée et la libération
Formulation explicative, utile pour un lecteur non familier des termes saṃsāra et nirvāṇa, mais qui perd la concision et la force du binôme tibétain.
La totalité du champ d’expérience
Rend la fonction du terme comme désignant l’ensemble de ce qui peut être vécu, enchaîné ou libéré ; convient particulièrement aux contextes Dzogchen et Mahāmudrā où l’accent est mis sur l’indifférenciation des deux pôles.
Sources : [RMY]
