དཀྱིལ་འཁོར

དཀྱིལ་འཁོར་

(dkyil ‘khor)

1. Étymologie et équivalent sanskrit

Le terme tibétain དཀྱིལ་འཁོར་ (dkyil ‘khor) est un composé formé de དཀྱིལ་ (dkyil, centre) et འཁོར་ (‘khor, cercle, entourage). Il constitue la traduction tibétaine du sanskrit maṇḍala, lui-même dérivé de *maṇḍa* (cercle, globe) et *la* (essence, possession). La traduction littérale du tibétain signifie « ce qui encercle un centre » ou « centre et périphérie », soulignant la structure organisationnelle inhérente au concept.

2. Traduction la plus fréquente

La traduction la plus courante en français est mandala, terme sanskrit maintenu tel quel dans la plupart des langues occidentales.

3. Alternatives de traduction

Plusieurs traductions littérales et conceptuelles sont possibles selon les contextes : – Centre et périphérie (traduction littérale du tibétain) – Palais céleste (dans le contexte tantrique) – Disque (pour les mandalas du soleil et de la lune)

4. Sens principal

Mandala (དཀྱིལ་འཁོར་, dkyil ‘khor) désigne littéralement « centre et périphérie », renvoyant à une structure complète organisée autour d’un principe central entouré de sa périphérie. Dans l’enseignement du dharma, ce terme désigne principalement le cosmogramme représentant l’univers pur d’une déité de méditation, avec la divinité principale au centre entourée de son assemblée. Le mandala peut être le palais céleste d’une déité tutélaire (ཡི་དམ, yi dam) visualisé en méditation ou représenté matériellement.

5. Sens contextuels et nuances sémantiques

a) Structure cosmique et palace céleste

Dans la pratique tantrique, le mandala représente la résidence céleste tridimensionnelle d’une déité, vue selon une perspective aérienne circulaire. Certaines interprétations distinguent དཀྱིལ་ (dkyil, le centre) comme désignant la déité principale et འཁོར་ (‘khor, le cercle) comme référant soit à la suite de divinités qui l’entoure, soit au sanctuaire ou demeure des déités (*vimāna*). Cette architecture sacrée comprend typiquement un palais central à quatre portes en forme de « T », entouré de vérandas colorées, reposant sur un lotus stylisé, le tout encerclé par les huit grands charniers.[6][8]

b) Mandalas symboliques : disques du soleil et de la lune

Le terme s’applique également aux disques circulaires (*maṇḍala*) du soleil et de la lune qui apparaissent dans la visualisation tantrique. Ces mandalas symboliques servent de supports sur lesquels se dresse la figure de Bouddha : le lotus représente la renonciation, la lune représente la bodhicitta (compassion), et le soleil représente la compréhension de la vacuité. Dans le système du Kalachakra, on visualise des mandalas de différents corps célestes incluant la lune, le soleil, et les deux planètes liées aux éclipses (Rahu et Kalagni), représentant les quatre gouttes subtiles dans le corps en relation avec la façon dont l’esprit produit les apparences.[2]

c) Sphères d’éveil : corps, parole et esprit

Dans un sens plus abstrait, དཀྱིལ་འཁོར་ désigne les sphères d’éveil (སྐུ་གསུང་ཐུགས་ཀྱི་དཀྱིལ་འཁོར་, sku gsung thugs kyi dkyil ‘khor) du corps, de la parole et de l’esprit éveillés. Cette application étend le concept architectural à une compréhension des dimensions éveillées.

 

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