གཞན་སྟོང་

གཞན་སྟོང་

(gzhan stong)

1. Étymologie et équivalent sanskrit

Le terme tibétain གཞན་སྟོང་ (gzhan stong) est composé de :
གཞན་ (gzhan) : « autre », « autrui »
སྟོང་ (stong) : « vide », « vacuité »

Il s’agit d’une abréviation de གཞན་གྱིས་སྟོང་པ་ (gzhan gyis stong pa) signifiant littéralement « vide d’autre » [ILL].

Note importante : Ce terme est spécifique au Tibet et n’a pas d’équivalent sanskrit direct. Il fut originellement créé par ཡུ་མོ་མི་བསྐྱོད་རྡོ་རྗེ་ (Yu mo mi bskyod rdo rje / Yumowa Mikyo Dorje) et ne constitue pas la traduction d’un terme existant dans la terminologie bouddhiste des traditions indiennes [ILL].

2. Traduction la plus fréquente

« Vide d’autre » [MA, RMY, ILL]

3. Traductions alternatives

  • « Vide d’altérité » [RMY]
  • « Vide de dualité » [RMY]
  • « Other-empty » ou « Empty of Other » (en anglais) [ILL]
  • « Zhantong » (translittération) [ILL]

Note : La traduction « vacuité extrinsèque » est explicitement déconseillée car elle suggère une vacuité extérieure qui n’appartiendrait pas à l’essence, ce qui constituerait un contresens [RMY].

4. Sens principal du terme

Le gzhan stong désigne la doctrine philosophique de l’école Jo nang selon laquelle la réalité absolue (yongs grub) – identifiée à la sagesse primordiale non-duelle (ye shes) libre de la dualité sujet-objet – est vide des phénomènes conventionnels adventices mais non vide de sa propre essence [TCM, RMY, ILL].

Plus précisément, selon Jamgön Kontrül : « la perfection vide d’autre » (yongs grub gzhan gyis stong) désigne « la nature de Bouddha (ou claire lumière) vide de la dualité de la saisie sujet-objet » [RMY].

5. Sens et nuances sémantiques

a) Distinction fondamentale avec rang stong

Le système gzhan stong établit une distinction cruciale avec le རང་སྟོང་ (rang stong – « vide de soi ») :

  • Rang stong : Les phénomènes sont vides de nature propre (enseignement du deuxième tour de roue du Dharma)
  • Gzhan stong : La sagesse primordiale (ye shes) n’est pas vide de sa propre essence mais est vide de tout ce qui lui est extrinsèque, c’est-à-dire les souillures adventices [ILL]

b) Dimension sotériologique

Selon les tenants du gzhan stong, la compréhension de la vacuité comme « vide de soi » (rang stong) n’est qu’une étape vers la compréhension finale de la vérité absolue, qui est mieux décrite comme gzhan stong [ILL].

c) Controverses doctrinales

La position gzhan stong affirme que la vérité absolue (don dam) est « véritablement établie » (bden grub), ce qui signifie que la sagesse existe réellement. Cette position est vigoureusement réfutée par l’école Gelugpa qui considère que « véritablement établi » équivaut à « existant par nature inhérente » (rang bzhin gyis grub pa), ce qui est précisément ce que nie l’enseignement du deuxième tour [ILL].

d) Lignées et classifications

Il existe deux types de gzhan stong :
Gzhan stong des sūtras : basé sur les enseignements du troisième tour de roue, remontant à Maitreya et Asaṅga
Gzhan stong des tantras : généralement associé au système du Kālachakra [ILL]

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