ཚེ་རབས

ཚེ་རབས

(tshe rabs)

1. Étymologie et équivalent sanskrit

Le terme tibétain ཚེ་རབས (tshe rabs) est composé de ཚེ་ (tshe, « vie ») et རབས (rabs, « succession, série »). Il constitue la traduction tibétaine du sanskrit jāti, dérivé de la racine sanskrite jan signifiant « engendrer » ou « naître ». Le suffixe -ti forme typiquement des noms abstraits, donnant ainsi à jāti le sens fondamental de « naissance » ou « renaissance ».

2. Traduction la plus fréquente

La traduction la plus courante en français est « succession des vies » ou « vies successives ».

3. Alternatives de traduction

Plusieurs alternatives sont proposées selon les contextes :
– Succession des naissances
– Succession des existences
– Toutes nos vies
– Vies antérieures et futures
– Renaissance (pour le processus lui-même)
– Dynastie (par extension, dans un contexte non-religieux)
– Généalogie (sens étendu)

4. Sens principal

Dans l’enseignement du Bouddha, ཚེ་རབས (tshe rabs) désigne la succession ininterrompue des vies d’un continuum mental individuel au sein du saṃsāra. Ce terme fait référence à l’enchaînement des naissances et existences passées et futures d’une personne, reflétant le processus de renaissance conditionné par le karma. Dans la doctrine de la coproduction conditionnée (pratītyasamutpāda), jāti constitue le onzième maillon de la chaîne, marquant le commencement d’une nouvelle existence qui est intrinsèquement liée à dukkha (la souffrance).

5. Sens contextuels et nuances sémantiques

a) Expressions tibétaines courantes

ཚེ་སྔ་ཕྱིའི་བརྒྱུད་པ་བར་མ་ཆད་པ། (tshe snga phyi’i brgyud pa bar ma chad pa) : « la continuité ininterrompue des vies passées et futures ». Cette expression souligne l’aspect ininterrompu du continuum mental qui traverse les différentes renaissances.

ཚེ་རབས་བརྗེ་བ། (tshe rabs brje ba) : « changer de vie, renaître ». Cette expression décrit le processus actif de transition d’une existence à une autre.

ཚེ་རབས་ཕྱི་མ་ (tshe rabs phyi ma) : « vies futures ». Cette expression fait référence spécifiquement aux existences à venir, souvent invoquée dans le contexte des aspirations et des pratiques visant à assurer de bonnes conditions de renaissance.

b) Jāti dans la coproduction conditionnée

Dans le cadre des douze maillons de la coproduction conditionnée, La naissance résulte directement du devenir, lui-même causé par les actions karmiques passées. Cette naissance marque le début d’une nouvelle existence qui se termine inévitablement par vieillissement et mort. Ainsi, tant qu’il y a naissance, il y a nécessairement déclin et mort, illustrant le caractère cyclique et insatisfaisant de l’existence conditionnée.

c) La souffrance inhérente à la naissance

Le terme jāti désigne non seulement l’acte de naissance physique mais également la souffrance qui lui est intrinsèquement associée (jāti dukkha). Selon l’enseignement du Bouddha, la souffrance liée à la naissance commence dès la conception et se manifeste sous diverses formes tout au long de l’existence. Cette compréhension souligne que jāti elle-même est dukkha, car elle sert de base à l’apparition ultérieure de toutes les formes de souffrance physique et mentale.

Retour à l'index du glossaire