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19a-c.

Le Dharma, l’enseignement du Bouddha, sa parole,

Expose une voie thérapeutique d’harmonie, de bonheur et de santé,

De libération des dukkhas, des disharmonies et des malheurs.

 

Au niveau de la voie ལམ, le dharma ཆོས est l’enseignement du Bouddha སངས་རྒྱས་ཀྱི་བསྟན་པ , la parole du Bouddha གསུང་རབ. Cette voie vise au bonheur བདེ་བ , à la complète libération རྣམ་པར་ཐར་པ des dukkhas, c’est-à-dire de la souffrance, des disharmonies et du malheur སྡུག་བསྔལ.

 

19de

Les quatre caractéristiques du Dharma sont celles de l’existence habituelle

Et la possibilité de s’en libérer, réalisant la santé fondamentale.

 

Les quatre caractéristiques fondamentales de l’enseignement du Bouddha

L’enseignement du Bouddha présente quatre caractéristiques fondamentales qui méritent d’être connues de tout bouddhiste.

བཀར་བཏགས་ཀྱི་ཕྱག་རྒྱ་བཞི sont les quatre marques distinctives ou les quatre sceaux de la parole du Bouddha; l’affirmation de ces quatre caractéristiques atteste qu’il s’agit bien de son enseignement.

1.     Tout ce qui est composé est impermanent

འདུས་བྱས་ཐམས་ཅད་མི་རྟག་པ tout ce qui est composé est impermanent.

  • འདུས་ regrouper, composer
  • བྱས་ faire
  • ཐམས་ཅད་ tout
  • མིརྟག་པ་ impermanence

Ce qui a été regroupé, ce qui est composé, ce qui est composite, tous les composites, sont impermanents, se décomposent.

La première de ces caractéristiques est l’impermanence. Cela comporte des implications macrocosmiques et microcosmiques, dans l’univers et jusqu’à notre personne qui est transitoire et impermanente.

2.     Toute souillure [de la saisie] est souffrance

ཟག་བཅས་ཐམས་ཅད་སྡུག་བསྔལ་བ toute souillure [de la saisie] est souffrance

ཟག་བཅས་ est difficile à bien traduire, souvent traduit par souillé mais ཟག་པ་ a le sens de fuite, d’écoulement, de perte.

Le sens ici le plus profond est d’entendre ཟག་བཅས་ comme ce qui est associé à la saisie, ཟག་པ་ comme saisie, traduction qui n’est pas la plus courante mais la plus pertinente en termes de sens.

ཟག་བཅས་ sont les souillures passionnelles, les souillures de la saisie.

ཟག་བཅས་ཐམས་ཅད་ tout ce qui est issu de la saisie cognitive, est duḥkha སྡུག་བསྔལ་བ་.

Tout ce qui est souillé est douloureux, tout ce qui est soumis à la corruption de la saisie duelle, à la corruption des émotions passionnelles est souffrance.

Cette deuxième caractéristique est très importante : la conscience duelle est souffrance.

Tout ce qui est souillé par la cognition duelle est samsarique.

3.     Tout phénomène est vide, dépourvu d’entité propre

ཆོས་ཐམས་ཅད་སྟོང་ཞིང་བདག་མེད་པ་ tout phénomène est vide, dépourvu d’entité propre, dépourvu de soi.

ཆོས་ཐམས་ཅད་ tout phénomène

སྟོང་ཞིང་ (ou སྟོང་ཉིད་) étant vide

བདག ego, moi, entité

མེད་པ་ dépourvu de

Tous les phénomènes sont vides. Cette vacuité est absence d’existence indépendante, vide d’ego. C’est la vacuité de l’ego, son insubstantialité.

C’est cette troisième caractéristique, susceptible de différentes interprétations, qui est à l’origine de différentes perspectives et écoles philosophiques du Dharma.

4.     Au-delà des souffrances est une paix

མྱ་ངན་ལས་འདས་པ་ཞི་བ au-delà des souffrances est une paix

མྱ་ངན་ la souffrance, les peines, les difficultés

ལས་ de ;  འདས་པ au-delà, passé, dépassé

མྱ་ངན་ལས་འདས་པ nirvana, l’au-delà de la souffrance

ཞི་བ་ la paix

Au-delà de la maladie existe un état de santé. C’est l’état de santé fondamentale ,  avant la maladie. C’est un état de paix, de bonté qui précèdent les dérèglements que sont les différentes souffrances.

Question : Par rapport à cette quatrième affirmation qu’on retrouve dans le protocole de la Pleine Présence, certaines personnes disent « Mais ça, c’est une croyance ». Comment faire pour bien présenter cette affirmation afin que ce ne soit pas dogmatique, même si on a une certitude personnelle ?

Réponse DR : Dans un contexte thérapeutique, il est clair que l’on est sain avant d’être malade. S’il n’y avait pas un état de santé, il n’y aurait pas de maladie ou on serait toujours malade. La santé est l’état d’harmonie naturelle lorsque les choses opèrent naturellement, harmonieusement, et cet état d’harmonie naturelle est perturbé par des interférences, des dérèglements, qui sont justement les maladies. La maladie est un dérèglement, une perturbation.

La maladie existe par rapport à la santé. S’il n’y avait pas la santé, il n’y aurait pas la maladie ; c’est logique et d’une certaine façon, trivial. Il en est de même s’il n’y avait pas de contradiction entre l’état de santé, l’état d’équilibre qu’est la santé et l’état de déséquilibre qu’est la maladie. Le déséquilibre ne peut se comprendre que par rapport à l’équilibre, comme un manque d’équilibre. Ce qui est dit, c’est qu’il y a une harmonie fondamentale, naturelle, qui est ce que l’on est et ce qui est fondamentalement, sans les perturbations et sans les dérèglements qui viennent de la conscience souillée des émotions et des illusions.

Question : Cela fait-il référence à ce qu’on appelle le Tathāgatagarbha ?

Réponse DR : Le Tathāgatagarbha དེ་བཞིན་གཤེགས་པའི་སྙིང་པོ་ est cette nature de Bouddha, nature de Bouddha qui est la nature de Bouddha éveillée, la nature fondamentale simplement, on peut dire la Nature avec un grand N, la Nature absolue.

Question : Substance énergétique et substance spirituelle sont-elles une même chose ?

Réponse DR : C’est une bonne question, profonde et délicate. Substance vient de « substare » c’est ce qui se tient en-dessous; c’est en ce sens-là qu’il faut entendre substance, ce qui est en-dessous, ce qui est au fond. La substance n’est pas le superficiel, elle est le profond, ce qui est en dessous du superficiel, ce qui supporte. Dans la philosophie bouddhiste, il y a différentes perspectives qui justement traitent le sujet de la substance de différentes façons. Il y a une approche matérialiste dans les deux premières perspectives philosophiques Vaibhāṣika, Sautrāntika. Il y a ensuite une approche qu’on dit idéaliste, qui serait spiritualiste avec une substance spirituelle, « tout est esprit ». Il y a la perspective du Madhyamaka qui se tient à l’écart des deux extrêmes que sont le matérialisme et le spiritualisme. Il y a une vision de l’esprit, la nature de l’esprit pneumatique, qui est une notion qu’on retrouve en Occident. Le pneuma c’est le souffle, le souffle esprit, en tibétain on dit ལུང་སེམས་དབྱེར་མེད་ le souffle et l’esprit indissociables, l’indissociabilité du souffle et de l’esprit, ce qui donne l’idée que l’esprit est un dynamisme cognitif, une énergie cognitive. Ainsi, souffle, énergie et esprit convergent effectivement et se comprennent comme une même réalité.

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