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12.

La personne consciente que je suis, « moi »,

Est composée de cinq constituants.

Ses expériences se déploient dans les domaines d’expérience des six sens.

Les cinq constituants

Les cinq constituants, ཕུང་པོ་ལྔ en tibétain, sont les cinq constituants de l’expérience habituelle, les cinq facteurs qui produisent l’individualité.

Ce que je suis et vis habituellement est composé de cinq constituants.

La forme

གཟུགས sk. rūpa, la forme

L’agrégat de la forme est le premier constituant.

Dans la Prajñāpāramitā Hridaya Sūtra, on lit : « La forme est vide, le vide est forme, il n’est de forme autre que le vide ».

Il y a deux aspects de la forme, la forme fondamentale et la forme surimposée.

La forme fondamentale est l’expérience première, qui, dans son caractère primordial, a aussi un caractère initialement vide. La forme surimposée est la projection ou le début de la saisie duelle, c’est la naissance de la dualité.

 

La sensation

ཚོར་བ sk. vedanā, la sensation

Ensuite, la forme est sentie.

Ce qu’on l’on nomme sensation est l’expérience la plus élémentaire, c’est la situation en regard « d’une référence autre » dans ce que ce positionnement par rapport à cette référence a de plus élémentaire : la situation est simplement positive, négative ou neutre. Positif : agréable ; négatif, désagréable, neutre, indifférent.

On nomme cela les trois types de sensations.

 

Les trois sensations

ཚོར་བ་གསུམ་ les trois sensations :

Les conceptions, nominations

འདུ་ཤེས sk. saṃjñā, les conceptions, la nomination, la perception, dénommer, identification.

C’est aussi nommer les choses, recouvrir l’expérience avec un nom. Cela peut être également envisagé comme une perception.

Les informations

འདུ་བྱེད sk. saṃskāra, les informations, les facteurs formateurs

Le quatrième constituant est saṃskāra, les tendances formatrices ou les informations qui vont amener dans l’expérience une dimension de volition ou d’impulsion.

Cela s’appelle aussi les formations mentales.

La conscience

རྣམ་ཤེས sk. vijñāna, la conscience

 Le témoin, l’expérimentateur de l’ensemble de cette situation est la conscience à laquelle se joignent aussi les facteurs informatifs, cognitifs ou pulsionnels.

On peut illustrer cela par l’exemple classique de la métaphore du « Gong ». Le coup de gong au départ est juste une vibration sonore. C’est le niveau de la forme. Cette forme est subtilement entendue, prise comme référence toute simple. La forme sonore, au début, n’est ni particulièrement agréable ni désagréable, on pourrait dire que c’est neutre. Si on aime bien le gong, on dira que c’est agréable, c’est le niveau de la sensation.

Puis on reconnaît ce dont il s’agit : « Ah Gong ! ». On en est à la nomination, à la conception.

« Gong ? » Ce peut être l’heure de la méditation ou du repas, et cette information amène une dynamique qui va orienter une action. Cette action concerne la conscience du sujet qui est le témoin et l’expérimentateur de l’ensemble du processus.

Les domaines d’expériences des six sens

སྐྱེ་མཆེད་ sk. āyatana, domaines d’expériences sensorielles

Ce sont les domaines en lesquels un état de conscience naît et se développe.

 

1.     Le domaine de la forme visuelle

གཟུགས་ཀྱི་སྐྱེ་མཆེད་ sk. rūpāyatana, le domaine de la forme visuelle

གཟུགས sk. rūpā, la forme

2.     Le domaine du son

སྒྲའི་སྐྱེ་མཆེད་ sk. śabdāyatana, le domaine du son

སྒྲ sk. śabda, le son

3.     Le domaine de l’odeur

དྲིའི་སྐྱེ་མཆེད sk. gandhāyatana, le domaine de l’odeur

དྲི་ sk. gandha, l’odeur

4.     Le domaine du goût

རོའི་སྐྱེ་མཆེད sk. rasāyatana, le domaine du goût

རོ sk. rasa, le goût

5.     Le domaine du contact, du toucher

རེག་བྱའི་སྐྱེ་མཆེད་ sk. spraṣṭavyāyatana, le domaine tangible du contact, du toucher

རེག་བྱ sk. spraṣṭavya, le domaine tangible, objet du toucher

6.     Le domaine des phénomènes mentaux

ཆོས་ཀྱི་སྐྱེ་མཆེད་ sk. dharmāyatana, le domaine des phénomènes mentaux

ཆོས་ sk. dharma, phénomène

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